Le guide des badges Phabricator ­— version Wikimedia

Le logiciel Phabricator dispose d’une possibilité d’ajouter sur le profil des utilisateurs de petites icônes reliées à un badge.

Par exemple, la petite icône orange en dessous de mon avatar correspond ici à un badge :

A part of the Maniphest view with an avatar and the associated badged just below

Thibaut se demandait comment acquérir ces badges.

Faisons un petit tour d’horizon des badges disponibles et de comment les obtenir :

A list of the available badges : Phabricator admin, SWAT deployer, bugwrangler, chaos monkey, tea lover, volunteer.

Volunteer

Il permet d’identifier les personnes ayant contribué de manière régulière et significative à la communauté technique de Wikimedia en tant que volontaire.

Pour l’obtenir, une liste de bugs permettant une première approche existe, de même qu’un guide How to become a MediaWiki hacker.

Tea lover

Celui-ci est assez explicite.

Pour l’obtenir, le mieux me semble être de laisser une petite note à twentyafterfour sur IRC comme quoi vous adorez le thé, après par exemple avoir posté sur Commons comme preuve une photo de votre théière ? Il pourra vous attribuer le badge.

Phabricator admin

Ce badge est attribué à toute personne disposant des droits d’administration sur l’ensemble de l’application de Phabricator, c’est-à-dire responsable de gérer les groupes de permissions et de configurer le logiciel à nos besoins.

Il n’y pas de procédure encore déterminée, mais il est possible de s’inspirer de ce guide concernant Bugzilla. Concrètement, être collaborateur WMF ou avoir signé un NDA, disposer de la confiance de la communauté technique et avoir besoin de configurer Phabricator.

Bugwrangler

Ce badge est pour le moment attribué à un poste précis : le bugwrangler, chargé de trier les bugs, d’assurer leur suivi, de ping les bonnes personnes en cas de blocage. Ces dernières années, le bug wrangler est un collaborateur de Wikimedia.

Le poste est décrit sur https://www.mediawiki.org/wiki/Bugwrangler et une offre d’emploi sera publiée lorsqu’il faudra le renouveler. Le badge sera alors à demander à un administrateur de Phabricator.

SWAT deployer

Ce badge est attribué aux personnes disposant d’un accès sur les serveurs Wikimedia permettant le déploiement du code de MediaWiki, des extensions, etc.  et qui font partie de l’équipe SWAT. L’équipe SWAT est chargée grosso modo d’envoyer en production les correctifs de bugs et les mises à jour de configuration.

Ici, une procédure pour rejoindre cette équipe existe, ouverte aussi bien aux collaborateurs de Wikimedia qu’aux volontaires.

Chaos monkey

Ce badge identifie des individus ayant break the production, posé une action qui va rendre une partie significative des sites Wikimedia (ou juste la Wikipédia anglophone) non accessible ou non éditable. Vous savez, les fameuses erreurs 500 qui vous invitait à rejoindre #wikipedia-fr ?

Pour ce voir attribuer ce badge, il convient donc de disposer d’un accès aux serveurs de production d’une part, puis d’avoir cassé d’autre part le site.

Il existait auparavant une liste des personnes ayant reçu un t-shirt pour signifier qu’ils ont cassé Wikipedia et l’ont réparé.

Si l’on compare avec la liste des incidents, il est évident que tant l’ancienne liste historique du t-shirt que la nouvelle liste des badges est de loin incomplète : l’erreur est humaine et malgré les nombreux gardes-fous de notre procédure, le site reste fragile.


D’autres instances Phabricator ont d’autres badges, j’aurai l’occasion d’y revenir ultérieurement.

Droit d’auteur en architecture, droit à l’image et liberté de panorama

Le site Façades de Nice a réalisé un travail appréciable d’inventaire et de photographie de compilation de l’architecture de la ville de Nice.

Ils offrent également des visites guidées et proposent des reproductions de leurs photographies. Plus récemment, ce site a décidé de contribuer à la Wikipédia francophone en réalisant une liste de ces façades et par là, à Wikimedia Commons, en mettant des photographies des façades correspondant à des bâtiments notables sous licence Creative Commons.

La France ne disposant pas de la liberté de panorama, une exception au droit d’auteur autorisant généralement la reproduction de bâtiments et d’œuvres installées de façon permanente dans l’espace public, il n’est guère possible de reproduire sans l’accord de l’ayant-droit, en principe l’architecte, des photographies de façades dont l’architecte n’est pas décédé depuis plus de 70 ans (régime habituel du droit d’auteur).

Wikimedia Commons respectant le droit d’auteur du pays source des photos et celui des États-Unis, les fichiers sont dès lors supprimés.

Par mail, je reçois alors du responsable de ce site  un argument intéressant : celui que le droit à l’image d’un bâtiment pourrait appartenir au propriétaire de l’immeuble, cet article à l’appui. Il ajoute également l’idée selon laquelle « l’architecte ne fait que les plan et que le chef de chantier, les maçons, les mouleurs et les peintres en apporte le maximum le l’aspect extérieur ».

Clarifions donc les choses sur comment s’appliquent en l’espèce d’une part le droit d’auteur, d’autre part le droit à l’image, qui sont deux chose différentes, pour les bâtiments récents.

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Droit à l’image

Le droit à l’image est une construction de jurisprudence dérivée avant tout du droit au respect de la vie privée (je n’aborde pas dans cet article le cas particulier de la négociation patrimoniale du droit à l’image des personnes publiques), qui va trouver un certain écho en matière immobilière devant les tribunaux français.

Le propriétaire d’une chose dispose d’un droit à l’image partiel lui permettant de s’opposer à la représentation lorsque celle-ci lui cause un trouble anormal,  d’après Cass. (aud. plén.), 7 mai 2004. Cet arrêt de cassation fait suite à une série de solutions différentes apportées par les cours et tribunaux, dont cet article retrace un bref panorama.

Il est plausible que par extension, ce droit de s’opposer à la représentation en cas de trouble anormal s’applique également à l’ensemble des personnes jouissant d’un bien : l’usufruitier, l’occupant légitime d’un lieu (le locataire disposant d’un contrat de bail).

II resterait même cohérent de faire valoir ce droit tout simplement à la personne exerçant un droit au logement sur un bien immobilier (un membre de la famille d’un locataire décédé ne reprenant pas le contrat de bail en attente d’un autre logement, un squatteur), tant la cour de cassation semble vouloir ici non pas affirmer un droit au propriétaire d’une chose mais une circonstance où l’utilisateur d’une chose peut se protéger contre un trouble anormal de jouissance.

Si cette hypothèse se vérifiait, nous sortirions clairement du lien propriété <–> droit à l’image pour entrer dans celui utilisation <–> droit à l’image, l’utilisation naissant ici du droit au logement.

S’il peut s’y opposer, il ne peut l’autoriser : ce droit à l’image permet dans des cas très précis de s’opposer à la représentation d’un bien, mais non d’enfreindre le droit d’auteur de l’architecte.

Attention, contrairement au raisonnement suggéré par le responsable du site Façades de Nice la cour de cassation n’a pas émis ce raisonnement de par la présence d’autres intervenants que l’architecte (cf. infra sur ce point), mais parce que des tribunaux, suivis par des cours d’appel, avaient conférés au propriétaire d’une chose des droits non prévus par la loi.

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Le droit d’auteur naît du simple fait de créer une oeuvre. Nul ne conteste qu’en droit français, du simple fait de concevoir l’oeuvre, ne fût-ce que sur plan, l’architecte est l’auteur de l’oeuvre architecturale.

L’hypothèse avancée par Façades de Nice selon laquelle « l’architecte ne fait que les plan et que le chef de chantier, les maçons, les mouleurs et les peintres en apporte le maximum le l’aspect extérieur » n’est pas suivie par la jurisprudence, à l’exception des œuvres distinctes et incorporées, comme la réalisation de sculptures, qui donne alors un droit d’auteur au sculpteur. Remarquons que si cette hypothèse était, il conviendrait de devoir négocier les droits avec l’ensemble   ces personnes, chacune serait en effet alors titulaire de droits. Le droit d’auteur ne s’efface en effet pas devant la pluralité des auteurs, un régime particulier est prévu pour les œuvres collectives.

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En résumé

Deux droits distincts s’appliquent :

  • de par le droit d’auteur, l’architecte voit son oeuvre protégée, et doit autoriser la représentation ;
  • de par le droit à l’image, le propriétaire peut s’opposer à la s’il justifie d’un trouble anormal.

Décembre 2014 en liens

Quelques liens de pages en français lues et appréciées ce mois de décembre. Les liens vers des pages en anglais sont compilés séparément. Il s’agit de la suite de ceux de novembre.

Très peu de liens pertinents en français ce mois-ci, seulement 2 contre 14 retenus en anglais.

Littérature & cinéma

Fauve revisite les 10 commandements du lecteur de Pennac en proposant sa propre version des droits et devoirs du lecteur.

Parfois des adaptions cinéma relèvent plus de la fan fiction que de l’interprétation d’un réalisateur, comme c’est le cas pour le second opus de la trilogie de Peter Jackson, comme décrit dans Le Hobbit, la bataille des scène ratées.

 

Novembre 2014 en liens

Quelques liens de pages en français lues et appréciées ce mois de novembre. Les liens vers des pages en anglais sont compilés séparément. Il s’agit de la suite de ceux d’octobre.

Wikidata

Wikidata no labels. Harmonia Amanda et Hsarrazin souhaitaient ajouter des labels en français sur le légendaire de Tolkien ou par translittération de noms en cyrilliques. Pour répondre à cette problématique, un nouvel outil est à votre disposition,  Wikidata no labels. L’outil est encore en version bêta, si vous souhaitez ajouter quelque chose, n’hésitez pas à le proposer.

Fiction

Et s’il n’y avait pas besoin d’IA pour avoir une entreprise sans humain ? C’est ce que nous propose d’explorer Ploum dans L’entreprise qui n’existait pas.

Au moment des élections, Ploum nous proposait aussi d’imaginer ce qu’aurait donné une nouvelle période de 999 jours sans gouvernement ainsi qu’une nouvelle sur le thème du vote électronique, Ceci est heureusement une fiction.

Au travers de  ces nouvelles, Lionel Dricot esquisse le portrait d’une société d’anticipation se dirigeant vers l’autogestion, l’ultralibéralisme, un peu de cyberpunk, en évoquant des thèmes très contemporains comme les nouvelles devises électroniques ou l’impression 3D. C’est agréable à lire.

Octobre 2014 en liens

Quelques liens de pages en français lues et appréciées en octobre. Les liens vers des pages en anglais sont compilés séparément.

Art contemporain

J’ai déjà abordé ce mois-ci Ninety-Nine Horses de Cai Guo-Qiang, une œuvre chinoise réalisée à la poudre de canon.

C’est ma seconde création en art contemporain sur la Wikipédia francophone après esquissé la biographie de Magdalena Jetelová, artiste que j’ai découvert via A Geological Epiphany, ses photographes d’une ligne tracée au laser entre plaques nord-américaines et eurasienne. Où l’on apprend que quelque soit l’article, quelqu’un se sentira obligé de rajouter un petit drapeau.

Fauve vient de terminer la calligraphie de son nom.

OpenStreetMap

Quand OpenStreetMap France prépare une base de données ouvertes de numéros d’adresse, une syndicaliste CGT au sein de l’IGN a peur que celle-ci ne perde son monopole et titre « La base adresse de l’IGN en danger » (base qui n’existe d’ailleurs pas). Où l’on apprend que pour une certaine vision du communisme, la libre participation des citoyens à la création de services publics c’est suspect et va à l’encontre de l’économie planifiée.

Pendant ce temps sur Wikipédia, un contributeur crée une carte avec Google Maps et un libriste en est tout surpris. Je développe dans ce post les raisons pour lesquelles un wikipédien peut s’abstenir d’utiliser un produit  libre en lieu et place. Où l’on apprend que l’on doit promouvoir uMap.

Cuisine

Échange de recettes. Côté vegan, des recettes de crêpes sans œufs. Côté pas vegan, une recette trouvée sur Marmitong et testée par Raminagrobis, l’omelette sucrée aux pommes.

Wikipédia. Création de « Liste de mélanges d’épices » et amélioration de l’article sur le poivre aux 5 baies. Si vous avez des sources sur ce dernier sujet, je suis preneur.

Posts en rediffusion

Au fil de conversations ircéennes, j’ai recommandé la lecture des posts suivants, publiés plus tôt dans l’année.

Certains envisagent l’achat d’un Chromebook ou s’interroge sur cette machine ; je les renvoie sur un post d’avril de Ploum « J’ai vendu mon âme pour un Chromebook » pour une présentation intéressante.

Le 11 septembre et la psychose de l’anthrax revisitée en mars 2014 par La Boutonnologue dans « De la poudre aux yeux » sur le blog 2 Garçons, 1 Fille : 3 Sensibilités : première partie, et  deuxième partie. Morceaux choisis en guide de teaser : « Même les plus drôles ne nous faisaient plus rire : la dame qui était venue parce qu’elle avait trouvé « de la poudre blanche dans son paquet de lessive », la mère de famille qui trouvait que la levure pour son gâteau « avait une couleur bizarre » (blanche, quoi !) » et en seconde partie, « 8H16 : L’Infirmière d’Accueil et d’Orientation (IAO) du Service d’Accueil des Urgences déchiffre avec stupeur et effroi ces mots sur la fiche jaune d’intervention des pompiers : « 3 fille s’amuse avec des armonicas a l’hantrasque. » ».

Curiosités

Suite à une création maladroite d’un débutant, nous découvrons l’eau de goudron. Intrigué par ce titre, je découvre alors les pilules Spa-Goudron, un médicament fabriqué à partir d’eau de spa et de goudron. Havang(nl), Scoopfinder et moi créons alors « Eau de goudron » sur la Wikipédia francophone ; au passage, je découvre un court poème sur le sujet inspiré d’Être ou ne pas être dans un article de revue (Sébastien Charles, « La « Siris » au siècle des Lumières: panacée ou imposture ? », Hermathena, n° 168, été 2000, pp. 55-69).

 

 

 

Ninety-Nine Horses

99 chevaux, c’est le titre d’une toile sur papier exprimé dans deux langues, l’un en chinois, 九十九匹马, l’autre en anglais, Ninety-nine Horses. C’est aussi la rencontre de l’art contemporain chinois et arabe. Et peut-être également les 200 volontaires qui ont fabriqué de la poudre à canon, principal matériau utilisé dans cette œuvre, durant une semaine.

Voici ce que cela donne :

Ninety-Nine Horses - Vue d'ensemble

Ninety-Nine Horses - Détail premier

Ninety-Nine Horses - Détail second

Écrire sur Wikipédia au sujet d’un tableau d’art contemporain

L’art contemporain peut de prime abord sembler difficile à aborder sur Wikipédia. Tout d’abord car l’article ne pourra que très rarement être illustré : je ne connais pas d’œuvre notoire d’art contemporain placé sous licence libre, et en droit européen, la jurisprudence a refusé d’élargir le droit de courte citation aux images (je publie ici des photos de presse. Placer un lien via le modèle lien externe est une solution, dès lors que l’on peut pointer vers un site qui dispose d’un argument légal favorisant la publication (e.g. ici c’est légal : mon blog est un article informatif sur le tableau, pour lequel il est essentiel de pouvoir communiquer à travers une représentation graphique et pour lequel je reprends des photos issues du dossier de presse de l’exposition pour lequel le tableau a été créé, dossier de presse autorisant la publication dans ce contexte).

Ensuite, car les sources ne sont pas toujours légion, il faut attendre quelques années avant que des travaux universitaires n’abordent la question, mais si l’œuvre est intéressante, ça finira forcément par arriver.  Pour 99 chevaux, c’est dans le cadre d’une analyse plus générale de l’œuvre de l’artiste sur sa représentation de la fluidité et du mouvement par exemple.

Ninety-nine Horses sur la Wikipédia francophoneReste la description. Et là, deux articles viennent nettement au secours du rédacteur : Éditer sans n’avoir rien à dire de Poulpy d’une part, Comment écrire un chouette petit article sans rien y connaitre, travaux pratiques de Coyau d’autre part. Il s’y prend beaucoup mieux pour décrire une église que moi un tableau, mais c’est ce post qui m’est immédiatement venu à l’esprit lorsque je me suis demandé « comment diantre aborder ce sujet sur Wikipédia ? ».

Pour en savoir plus sur ce tableau, vous pouvez donc consulter l’article sur Wikipédia que j’ai créé à son sujet. Merci à Viator pour sa relecture.

Ce tableau et les Wikimédiens

Crédits photographiques

Vue d’ensemble par Hiro Ihara, détails par Lin Yi, fournies par la Cai Studio. Capture d’écran pour la vignette de l’article via Wikiwand.

Pourquoi ne pas choisir OpenStreetMap pour un événement libre ?

Où l’on s’interroge sur le choix de Google Maps en lieu et place d’OpenStreetMap pour un événement Wikipédia. Où l’on analyse les raisons guidant vers un choix de logiciel. Où l’on apprend que Roy Lewis influence les titres des posts de blog.

Octobre, c’est le mois international de la contribution francophone sur les projets Wikimedia,  des événements, comme des ateliers de contributions à Wikipédia, organisés cette année sur quatre continents.

Pour localiser ces divers événements, une carte est utile. Or cette carte, c’est ceci, hébergée sur Google Maps.

Un participant intéressé par un l’un de ses événements m’écrit alors et s’étonne que nous utilisions Google Maps et non OpenStreetMap, choix qui serait pour lui « bien plus près de la logique libre et participative ».

Ce questionnement sur la raison qui pousse un contributeur d’un projet de la culture libre (car c’est à la base une initiative personnelle d’un des participants du mois de la contribution) à utiliser un logiciel qui lui, n’est pas libre, est intéressant. Tâchons d’y apporter un éclairage, tout d’abord idéologique et ensuite sur le choix de plate-forme.

Continuer la lecture de « Pourquoi ne pas choisir OpenStreetMap pour un événement libre ? »

Le chiffre du jour : 126 473

126 473 …

… c’est le nombre d’électeurs admis à participer à l’élection 2013 de l’ArbCom, le comité d’arbitrage de la Wikipédia anglophone.

La condition principale pour participer à cette élection, vérifiée par ce chiffre, est d’avoir effectué 150 contributions dans l’espace principal au 1er novembre 2013.

Sur douze ans d’existence, cela correspond peu ou prou à 10 000 contributeurs ayant contribué de façon plus que marginale de plus par an, soit près de 1000 par mois ou 3 par heures.

À l’échelle d’un pays, c’est près de 50 000 personnes de plus que la population d’Andorre. La consultation de cette liste des pays par population donnerait en. en 180ème position.

Merci à Ælfgar pour cette comparaison avec la population d’un pays.

Cartographie et reproduction de faits — que dit la jurisprudence américaine ?

Ce post est adapté depuis un courriel envoyé à Harmonia Amanda le 20 avril 2013, que je remercie pour ses commentaires.

Les rues de papier

Les éditeurs de cartes (les cartes de notre monde dit réel, principalement routières) placent de temps à autres de fausses informations (e.g. Agloe) pour repérer plus facilement les contrefaçons et avoir une preuve de la copie.

De là, je regarde l’article [[:en:Trap street]] et y apprend qu’une des pratiques pour mettre en place ces pièges de droit d’auteur est de rajouter une rue qui n’existe pas, ou parfois de déformer une rue existante (rajouter un virage qui n’existe pas dans la réalité par exemple). Le nom donné à ces rues : “trap street“ (rue piège). Parfois également “paper street“ (rue de papier).

Deux arrêts américains pertinent en la matière

Qu’en dit la justice américaine au niveau fédéral ?

Le premier arrêt cité sur cette page est Nester’s Map & Guide Corp. v. Hagstrom Map Co., 796 F.Supp. 729, E.D.N.Y., 1992, qui va interpréter la différence entre un fait et une représentation graphique, et considérer que les « copyright traps » eux-mêmes ne peuvent être protégés par le droit d’auteur.

Mieux, elle va donner les conséquences du raisonnement inverse : « [t]o treat ‘false’ facts interspersed among actual facts and represented as actual facts as fiction would mean that no one could ever reproduce or copy actual facts without risk of reproducing a false fact and thereby violating a copyright . . . . If such were the law, information could never be reproduced or widely disseminated. » (en français : « traiter en tant que fiction de « faux » faits dispersés parmi des faits réels et représentés comme des faits réels signifierait que personne ne pourrait reproduire ou copier des faits réels sans prendre le risque de reproduire un faux fait et de commettre ainsi une violation de droit d’auteur (…) Si tel était la loi, l’information ne pourrait pas être reproduite ou largement disséminée. »)

Le second arrêt date de 1997 – Alexandria Drafting Co. v. Andrew H. Amsterdam dba Franklin Maps, 43 U.S.P.Q. 2d (4 June 1997) – et est cité dans un article de doctrine datant de 2001 « Map traps: the changing landscape of cartographic copyright ». Ici c’est plus abscons mais aussi plus catégorique : d’une part, les noms de fiction ne peuvent être soumis au droit d’auteur, et d’autre part, l’existence ou la non existence d’une route est un fait qui n’est pas soumis au droit d’auteur.

Quid des cartes de fiction ?

Quel est l’impact de cette jurisprudence sur les cartes de fiction ?

Ma première analyse était d’examiner la possibilité de créer toute carte d’un monde imaginaire, y compris lorsque le résultat final coïncide peu ou prou avec les lignes d’une carte dessinée dans une œuvre de fiction, lorsque celles-ci sont la seule représentation possible des faits.

Cependant, Harmonia apporte un éclairage intéressant sur la définition du fait : « En vrai, on peut aller vérifier si la route existe ou pas : c’est un fait, qui devient une information. On ne peut pas aller en Terre du Milieu vérifier où est exactement le lac Mithrim. ».