Je souhaiterais aujourd’hui partager avec vous mes réflexions sur l’open source et la licence BSD.

Ces 6 dernières années, soit depuis l’âge de 17 ans, j’ai médité sur la publicité à donner à ses propres codes sources et le modèle de licence idéal.

Aujourd’hui, je suis un fervent partisan de la licence BSD. Mais tout d’abord qu’est-ce que la licence BSD ? Et quelle est sa spécificité ?

Pour comprendre cela, précisons le contexte : les deux licences les plus utilisées dans le monde de l’Open Source – et sur lesquels les autres licences sont basées – sont la licence GPL de la Free Software Fondation et la licence BSD de l’Université de Berkeley. Toutes les deux autorisent la libre distribution des logiciels, l’accès aux codes sources et leur utilisation dans des travaux dérivés.

Quelle est leur principale différence ?

  • La licence GPL exige que tout travail dérivé soit lui aussi diffusé sous licence GPL ; l’idée est que tout logiciel doit être open source et que votre code doit profiter à la communauté.
  • La licence BSD permet d’utiliser librement le code source et de le diffuser sous la licence de votre choix. Il respecte la liberté de choix du développeur. Un logiciel utilisant des bibliothèques diffusées sous licence BSD pourrait donc être propriétaire. Et c’est d’ailleurs le cas : Mac OS X et la pile TCP/IP de Microsoft sont largement basés sur des composants des systèmes d’exploitations BSD.

Je vous entends déjà crier de hauts cris : " oh, cela veut-il dire que quelqu’un peut me piquer mon code source et revendre mon logiciel ?"

La réponse est oui. Pour bien comprendre ce oui, passons quelques points en revue :

  • Tout être humain a le droit d’obtenir un salaire  pour le fruit de son travail. Si un développeur crée un logiciel présentant une valeur ajoutée à votre logiciel (de nouvelles fonctionnalités ou une belle interface graphique par exemple), il a consacré des heures et est libre de décider de lui-même s’il veut obtenir ou non une rémunération pour ce travail.
     
  • Si une personne (physique ou morale) se contente de recompiler votre logiciel, qui aurait intérêt à acheter un logiciel disponible gratuitement ? Et si elle arrive à le distribuer mais pas vous, elle contribue à la popularité de votre travail.
     
  • Quel sentiment ressentez-vous exactement face à cette problématique ? Est-ce de la jalousie, de la frustration de ne pas avoir réussi à le vendre ? Dans ce cas, ces sentiments sont-ils justifiés ?
  • Enfin, présumons de l’honnêteté des être humains, quelle est la probabilité pour que quelqu’un désire vous "voler" votre travail pour le revendre ? D’ailleurs si c’est "votre travail" et non votre contribution à la communauté, pourquoi le diffusez-vous en open source ?

Ce petit souci étant réglé, revenons maintenant aux principales raisons me conduisant à publier mes créations sous licence BSD :

  • Les idées sont faites pour être propagées.
  • Une idée gardée secrète durant des années est un potentiel gâché ; bien souvent, cette idée sombrera dans l’oubli.
  • Si quelqu’un peut exploiter une idée commercialement et en retirer un quelconque bénéfice, soyons heureux d’y avoir contribué.

    Ne sous-estimons pas notre rôle de catalyseur.

  • Si nous voulons un monde libre, donnons de la liberté et n’imposons pas nos vues à tous.
  • La licence BSD permet l’émergence de standard, ces codes pouvant à la fois être intégrés dans des solutions open source et propriétaires.
     
  • La connaissance s’accroît quand on la partage. Elle ne se marchande pas ni ne se conditionne par un chantage.
  • Encourageons autrui de diffuser ses codes en open source en lui donnant toutes les clefs pour que cela puisse être compatible avec ses aspirations dans sa vie. Ne le lui imposons pas.

Enfin, soyons pragmatiques, avez-vous les moyens financiers et temporels d’engager des poursuites à l’encontre d’une personne violant votre licence GPL ? Si oui, avez-vous étudié la problématique de l’expertise ? Par ailleurs,  ce temps et ces ressources consacrées à ces poursuites ne pourraient-elles pas être consacrées à des projets plus constructifs ?

J’espère avoir pu vous éclairer et vous donner matière à réfléchir. Juriste et développeur,  je mets mon érudition à votre service et serai très heureux de vous indiquer quelle mode de diffusion logicielle est l’idéal répond le mieux à vos besoins.

Car nous voulons un monde réellement libre, où les idées puissent être partagées sans contrainte.

 

P.S. Dans la langue de voltaire, licence s’écrit avec un deux c. License with ‘s’ is an english word.

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