Où l’on s’interroge sur le choix de Google Maps en lieu et place d’OpenStreetMap pour un événement Wikipédia. Où l’on analyse les raisons guidant vers un choix de logiciel. Où l’on apprend que Roy Lewis influence les titres des posts de blog.

Octobre, c’est le mois international de la contribution francophone sur les projets Wikimedia,  des événements, comme des ateliers de contributions à Wikipédia, organisés cette année sur quatre continents.

Pour localiser ces divers événements, une carte est utile. Or cette carte, c’est ceci, hébergée sur Google Maps.

Un participant intéressé par un l’un de ses événements m’écrit alors et s’étonne que nous utilisions Google Maps et non OpenStreetMap, choix qui serait pour lui « bien plus près de la logique libre et participative ».

Ce questionnement sur la raison qui pousse un contributeur d’un projet de la culture libre (car c’est à la base une initiative personnelle d’un des participants du mois de la contribution) à utiliser un logiciel qui lui, n’est pas libre, est intéressant. Tâchons d’y apporter un éclairage, tout d’abord idéologique et ensuite sur le choix de plate-forme.


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Le mois de la contribution est organisé par des contributeurs de la Wikipédia francophone. Or, si un large nombre de contributeurs partagent des préoccupations pour le logiciel libre, et si d’ailleurs tant notre contenu que nos logiciels sous disponibles sous des licences open source, ce n’est pas le cas de l’ensemble, chaque être humain ayant le libre choix de sa participation en fonction de ses compétences et centres d’intérêt.

Autrement dit, il est possible d’écrire un logiciel sous une licence open source ou d’écrire des articles sur la Wikipédia francophone sans se sentir concerné par la promotion du logiciel libre en général. La participation à un tel projet n’implique pas obligation morale d’adhérer à la promotion de la culture libre.

Ainsi, certains contributeurs se concentrent par exemple sur la large  diffusion du savoir, et souhaitent partager leurs connaissances. Leur activité est compatible et la bienvenue avec les idéaux de la culture libre, mais cela ne garantit pas qu’ils en partagent l’intégralité des valeurs et choix.

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Un contributeur a donc été confronté à la problématique de proposer une carte reprenant des points de coordonnées.

Des outils existent aujourd’hui permettant de réaliser de telles cartes sur OpenStreetMap, comme uMap. Le serveur https://umap.openstreetmap.fr/ met à disposition un hébergement de ce logiciel accessible au public.

Google met de même également à disposition des outils, connus d’un large public.

Or, la possibilité de créer une carte personnalisée via les outils de Google est sans doute plus connue que la possibilité de la créer via uMap. À titre d’illustration de mon propos, j’ai connu uMap et réalisé de telles cartes lorsqu’un contributeur OpenStreetMap m’a donné un jour le lien vers une carte qu’il avait réalisé pour une randonnée que nous projetions.

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Le scénario le plus plausible est donc que la personne qui a créé cette carte,  ou bien n’est pas sensible à la question du libre en général, ou bien ne connaissait simplement pas l’existence de la possibilité de créer une telle carte via OpenStreetMap.

Wikipédia étant un projet collaboratif ouvert à tous, si l’un des lecteurs de ce post souhaitait créer une telle carte, il est évidemment le bienvenu ;  n’hésitez pas à titre d’archives à en placer le lien en sus de celui de Google (et même le placer  en première position, ce serait cohérent avec le choix de la section décrit  ci-dessous). Une fois cela fait, vous pouvez laisser un message à la personne, et lui montrer que ça donne un bon résultat, qu’il existe un outil simple à utiliser pour cela. Elle pourra par exemple voir que les icônes de points d’uMap, si vous retenez cette plate-forme, sont plus jolies que les punaises vertes de Google.

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L’encyclopédie est également truffée de coordonnées GPS, pour lesquels il a été estimé opportun de proposer un lien vers diverses plate-formes de cartographie. OpenStreetMap y est parfois mis en avant (cela dépend des pages, langues, projets), mais d’autres plate-formes de cartographies sont également présentes, de façon à laisser le libre choix au lecteur. Voici un exemple de telle page où l’on aboutit si l’on clique sur un lien de coordonnées.

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En conclusion, le choix d’un logiciel est tout aussi question d’opportunité et de notoriété que d’idéologie, idéologie qui est une part tangible mais non déterminante de l’opportunité.

Je remercie Ælfgar pour le titre, Rob pour avoir posé la question initiale et Benjamin pour m’avoir fait découvrir uMap.

One thought on Pourquoi ne pas choisir OpenStreetMap pour un événement libre ?

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